DOUBLES VIES

Titre: DOUBLES VIES

Sous-Titre: Farces et attrapes sociétales

Durée: 1h47’

Nationalité: France

Réalisateur: Olivier Assayas

Casting: Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaigne, Nora Hamzawi, Christa Théret

Année de production: 2018

Distribution: AD VITAM

 

critique:

La rencontre d’un éditeur et son auteur met en jeu les rapports entre fiction et création autant que les moyens de parution sur papier ou support numérique et les interférences de la vie conjugale, toutes liberté et modernité revendiquées par chacun des intellectuels parisiens du milieu littéraire. A chacun alors de se justifier, s’affronter entre non-dits et faux-semblants écrits ou vécus d’une société face à son évolution humaine, ses mutations techniques, dans un questionnement incessant, va et vient verbal de mots en images résonances des tweets et blogs de la révolution numérique, à l’ombre des dualités sentimentales gardant leurs secrets protégés en toute dérision par Guillaume Canet, malmenés par les rires de Juliette Binoche au grand dam de Vincent Macaigne.

Du raffinement de langage d’un Sacha Guitry à l’humour francisé de Woody Allen, les mots fusent, les idées se superposent, l’écriture cinématographique dialogue au rythme des changements de plans, répliques égocentriques d’acteurs, dans le pur classicisme d’un film choral réjouissant.

AYKA

Titre: AYKA

Sous-Titre: Regards d’ailleurs et de Russie

Durée: 1h50’

Nationalité: Russie

Réalisateur: Sergey Dvortsevoy

Casting: Samal Yeslyamova, Zhipargul Abdilavea, David Alaverdyan, Sergey Mazur

Année de production: 2018

Distribution: ARP

Récompenses: Festival de Cannes 2018 Prix d’interprétation féminine

 

 

critique:

En fuite dans Moscou enneigée cette jeune clandestine kirghize qui abandonne son nouveau-né à l’hôpital, tente de survivre d’un emploi précaire à un autre, sous les menaces de mafieux, de logeurs et policiers véreux, des rappels de son corps d’accouchée et appels d’instinct maternel. Une course effrénée au rythme d’une caméra subjective sous une grisaille glaciale, emportée par une détermination rageuse chassant toute émotion misérabiliste dans une dénonciation des conditions réservées aux migrants, ici ou ailleurs.

Le réalisateur (par ailleurs documentariste et dix ans après « Tulpan »), filme un combat éperdu contre l’indifférence individualiste de nos sociétés, son actrice récompensée à l’unanimité par le Prix d’interprétation porte cette errance avec l’énergie du désespoir contre l’inhumanité ambiante.

SORRY TO BOTHER YOU

Titre: SORRY TO BOTHER YOU 

Sous-Titre: Farces et attrapes

Durée: 1h51’

Nationalité: USA

Réalisateur: Boots Riley

Casting: Lakeith Stanfield, Tessa Thompson, Jermaine Fowler, Steven Yeun, Armie

Année de production: 2018

Distribution: UNIVERSAL PICTURES

 

critique:

A Oakland, un jeune vendeur d’une société de télémarketing se prend successivement au jeu de la réussite et du profit, champion toutes catégories de l’efficacité commerciale, il agit et s’agite tel un pantin, proie surexcitée d’un capitalisme dévorant successivement son identité, ses amitiés, son amour jusqu’à son humanité. Aucun répit à son ascension sociale qui répond aux délires du système, à l’emprise de l’establishment blanc et les dénonce en un tourbillon burlesque et généreux auquel participer à tout prix.

BEN IS BACK

Titre: BEN IS BACK 

Sous-Titre: Thriller et frissons addictifs

Durée: 1h38’

Nationalité: USA

Réalisateur: Peter Hedges

Casting: Lucas Hedges, Julia Roberts, Kathryn Newton

Année de production: 2018

Distribution: Paramount Pictures France

 

 

critique:

Déterminée cette mère de famille accro à la manière forte pour aider son fils toxicomane, engagée dans un combat désespéré contre une addiction accidentelle devenue mortifère. Entre espoir et emprise, le Réveillon se transforme en nuit de lutte acharnée contre la drogue et les responsabilités diverses de l’environnement social (lâcheté généralisée, acceptation des institutions, banalisation policière) pour surpasser les clichés du sujet et la performance oscarisable de Julia Roberts.

UNE JEUNESSE DOREE

Titre: UNE JEUNESSE DOREE

Sous-Titre: Regards de jeunesse

Durée: 1h51′

Nationalité: France

Réalisatrice: Eva Ionesco

Casting: Isabelle Huppert, Galatéa Bellugi, Melvil Poupaud, Lukas Ionesco, Alain-Fabien Delon

Année de production: 2018

Distribution: KMBO

 

 

critique:

« Le Palace… rassemble en ses murs des plaisirs ordinairement dispersés, la joie de la danse, le charme des rencontres possibles… tout un dispositif de sensations destiné à rendre les gens heureux, le temps d’une nuit. Le nouveau, c’est cette impression de synthèse, de totalité, de complexité d’être dans un lieu qui se suffit à lui-même. »

C’est ainsi que Roland Barthes qualifiait cet ancien music-hall rénové sur le modèle du Studio 54 de New York où les soirées à thème, les défilés se succédaient dans l’utopie du mélange des classes sociales, des fortunes, des générations, tous artistes créateurs et leurs courtisans confondus dans la poudre blanche et les fards écarlates.

Eva Ionesco évoque ces années flamboyantes et insouciantes à travers deux couples, masquant leur romantisme ou leur décadence en jeux érotiques, pouvoirs fanés portés par Isabelle Huppert et Melvil Poupaud, innocence perdue par Lukas Ionesco, libération gagnée par Galatéa Bellugi, ensemble égarés en un kaléidoscope sophistiqué de souvenirs.

Après « My little Princess » et l’enfance, la réalisatrice poursuit sa nostalgique quête d’elle-même.

AN ELEPHANT SITTING STILL

Titre: AN ELEPHANT SITTING STILL 

Sous-Titre:Libération existentielle

Durée: 3h50’

Nationalité: Chine

Réalisateur: Hu Bo

Casting: Yu-Wen Wang, Yu Zhang, Yuchang Peng, Kong Wei, Li Congxi, Huang Lin

Année de production: 2018

Distribution : Les Bookmakers/Capricci Films

 

Récompenses:

Berlinale 2018 Section Forum/Prix Fipresci +Mention spéciale1er film.

FID Marseille : Prix GNCR.

Festivals de Hong Kong  + de Melbourne + T-Mobile New Horizons : Prix du Public.

Festival de Vladivostok : Prix NETPAC.

Festival Indie Lisboa : Prix des Universités

 

critique:

Dans une cité chinoise immergée sous le brouillard, habitants jeunes ou vieux errent écrasés par une fatalité à laquelle seule un chien en fuite semble échapper et qu’un éléphant méditatif sauvé d’un cirque pourrait conjurer.

Alors, d’un grand père en sursis dans son appartement convoité par les siens, à la défense d’un collégien par son copain ou du suicide d’un mari cocufié par son meilleur ami à l’émancipation sociale d’une jeune fille, tous, militaire retraité, gamin mal aimé, petit caïd amoureux transi, proviseur adjoint frustré, mère abusée… tour à tour coupables ou victimes se croisent, se découvrent, se retrouvent emprisonnés dans une spirale de violence innée, partagée, transmise et irréversible. Les moments du quotidien de chacun s’enchaînent à la virulence de leurs mots, les mouvements de caméra s’accrochent au suivi de leur parcours, contrejours lumineux des tunnels et bruits feutrés de l’environnement, cris de disputes et murmures de l’absence en contrepoint de morceaux de rock rythmant un tournis hypnotique, ronde poétique du désespoir, écho d’un barrissement libérateur.

En portant à l’écran sa propre nouvelle, et en poursuivant son propos jusqu’à son geste ultime, le jeune réalisateur justifie son existence par le don unique de son talent.

LES INVISIBLES

Titre: LES INVISIBLES

Sous-Titre:Regards de femmes

Durée: 1h41’

Nationalité: France

Réalisateur: Louis-Julien Petit

Casting: Audrey Lamy, Noémie Lvovsky, Corinne Masiero, Deborah Lukumuena, Sarah Suco

Année de production: 2018

Distribution: APOLLO Film

 

 

critique:

Une municipalité du Nord s’apprête à fermer « L’Envol » centre de réinsertion pour femmes SDF où accueillies et accueillantes se côtoient détournant larmes et pathos pour dépasser leurs parcours dramatiques par l’entraide et l’autodérision. Eclopées anonymes reconverties en stars populaires l’une traîne ses sacs, une autre s’endort, la suivante répare des objets que les précédentes ont récupéré… détournant les interdits et gérant leur résistance collective en ateliers libérateurs cocasses.

Pour dénoncer les problèmes de la société et leurs aberrations administratives, pour illustrer les spécificités féminines des petits rêves et grands cauchemars de la rue, pour croire en l’alternative de la résilience, le cinéaste a choisi d’adapter la chronique et transposer le documentaire/F5 de Claire Lajeunie « Sur la route des invisibles ». Sa fiction soutenue par l’énergie des actrices pro est portée par l’authenticité de ses comédiennes amateures retrouvant leur dignité humaine originelle, utopie sociale à partager avec les spectateurs dans une compassion joviale.

Après « Discount » Louis-Julien Petit rejoint sans hésitation le club des Ken Loach, Stephen Frears…

L’HEURE DE LA SORTIE

Titre: L’HEURE DE LA SORTIE

Sous-Titre: De l’écrit à l’écran

Durée: 1h34’

Nationalité: France

Réalisateur:  Sébastien Marnier

Casting: Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory, Grégory Montel, Gringe

Année de production: 2018

Distribution: Haut et Court

 

critique:

Comment expliquer l’accueil hostile des élèves surdoués de cette classe de 3ème d’un Institut privé élitiste envers leur nouveau prof ? le suicide du précédent ne justifie pas l’attitude d’une dizaine d’entre eux enfermés dans une complicité secrète et dangereuse, voire sectaire. Dépassant la pure révolte d’ados refusant la société au profit de choix écologistes, en proie à la peur de chaos présupposés terroristes ou environnementaux, leur violence se radicalise jusqu’à un extrémisme aussi dangereux que la négligence ou l’aveuglement des adultes qui les entourent.

Les ellipses du scénario, les sons, l’irréalité de certaines situations, les hallucinations de Laurent Lafitte participent de cette atmosphère de rejet, d’intolérance et d’irresponsabilité partagés et subis, contaminant jusqu’aux spectateurs pour le meilleur de l’adaptation réussie de ce roman d’initiation.

L’heure de la sortie – Christophe Duffosé – 2012 – Editions DENOËL .

IN MY ROOM

Titre: IN MY ROOM 

Sous-Titre: Regards intérieurs

Durée: 2h

Nationalités:  Allemagne/ Italie

Réalisateur: Ulrich Köhler

Casting: Hans Löw, Elena Radonicich, Michael Wittenborn, Ruth Bickelpaupt

Année de production: 2018

Distribution: Nour Films

 

 

critique:

Ni images, ni sexe pour un cameraman de télévision dont la grand-mère se meurt en même temps que disparait l’humanité d’un monde auquel il survit. Le parcours initiatique de ce loser égaré entre pluies hivernales et grisaille affective avant d’affronter la désertification d’un univers post-apocalyptique inexpliqué évolue insensiblement sous les lumières estivales vers un avenir sensoriel ouvert à la liberté. Cette renaissance d’un individu à travers son harmonie avec les animaux, la nature, l’amour échappe aux références écologiques au profit d’une sensibilité originelle illustrée par l’hyper-réalisme des images, incarnée par le mutisme d’un acteur talentueux et la force d’un rêve sur la condition humaine.

EDMOND

Titre: EDMOND

Sous-Titre: De la scène à l’écran

Durée: 1h45’

Nationalité: France

Réalisateur: Alexis Michalik

Casting: Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Dominique Pinon, Tom Leeb, Lucie Boujenah, Clémentine Célarié, Simon Abkarian, Alice de Lencquesaing

Année de production: 2018

Distribution: GAUMONT

Récompenses 2018 : Festival de Sarlat : Salamandre d’Or, Prix des Lycéens et Jury des jeunes.

critique:

Un rideau rouge dévoile les rues du Paris de la Belle Epoque, joyeux et coloré où se croisent les comédiens Sarah Bernhardt et Constant Coquelin, les auteurs à la mode Feydeau et Courteline et un petit jeune versificateur collectionneur de fours successifs avant l’apparition de Cyrano. Entre les affres de l’inspiration et les souffrances de l’amour, Alexis Michalik dédouble les mots en images, fait virevolter ses acteurs en une ronde ambitieuse déjà étrennée sur les planches et couronnée de cinq Molières, pour offrir 121 ans plus tard un hommage à Edmond Rostand et un cadeau aux spectateurs.

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