J’ACCUSE

Titre: J’ACCUSE

Sous-Titre: Histoire et cinéma

Durée: 2h12’

Nationalités: Royaume Uni/Pologne/France

Réalisateur: Roman Polanski

Casting: Jean Dujardin, Louis Garrel, Gregory Gadebois, Emmanuelle Seignier, Mathieu Amalric, Melvil Poupaud, Damien Bonnard, Denis Podalydès, Vincent Perez, Didier Sandre, Eric Ruf, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker, Olivier Gourmet, Wladimir Yordanoff

Année de production: 2019

Distribution: GAUMONT

Récompenses 2019 : Mostra de Venise : Grand Prix + Prix Fipresci de la critique

critique:

C’est le colonel Picquart qui mène l’enquête de cette erreur judiciaire historique dépassant l’irrationnalité de l’antisémitisme et la rigidité d’un patriotisme fourvoyé tout en partageant les mêmes sens de l’honneur que ses pairs revendiquent et de la justice qu’ils bafouent, en héros d’un valeureux combat de droiture. Polanski avec une égale rigueur dans son écriture, ses images, ses décors, ses costumes, sa direction d’acteurs s’empare de la défense de la vérité, dénonce les ressorts de ses dévoiements, empourpre la morgue des militaires du rouge garance de leurs pantalons et du bruit creux de leurs bottes, dénonce par l’ironie de leur comportements l’impréparation d’une guerre proche, glisse une affaire de cœur en clin d’œil à la liberté féminine, orchestre un duel flamboyant en miroir de l’époque.

Le cinéaste, entouré d’une myriade de comédiens patentés aux réputations et rôles inversés les distanciant avec lyrisme de la poussière du passé, nous offre Zola dans le texte en un hommage loyal à l’innocence de Dreyfus.

NOURA REVE

Titre: NOURA REVE

Sous-Titre: Regards sur la société tunisienne

Durée: 1h32’

Nationalités: Tunisie/Belgique/France

Réalisatrice: Hinde Boujemaa

Casting: Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi

Année de production: 2019

Distribution: PANAME Distribution

 

critique:

En Tunisie où perdure la loi punissant l’adultère pas évident de trouver sa place entre un mari délinquant, trois enfants et un amant alors quand la corruption policière se surajoute aux lenteurs administratives demeurent la violence masculine et les peurs féminines face à cet article du code pénal doublé des traditions obscurantistes.

Hors tout manichéisme, ils sont trois à se débattre à corps et à cris entre leurs dignité bafouée et lâchetés partagées chacun traduisant par ses larmes et combines les inégalités et déterminismes sociaux en vigueur. La détermination et la force du rêve l’emporteront elles un jour ? la subtilité du scénario, la maîtrise de la mise en scène et l’interprétation talentueuse des acteurs permettent d’y croire.

LE BEL ETE

Titre: LE BEL ETE

Sous-Titre: Regards d’humanité

Durée: 1h20’

Nationalité: France

Réalisateur: Pierre Creton

Casting: Gaston Ouedraogo, Sophie Lebel, Yves Edouard, Sébastien Frère, Pauline Haudepin

Année de production: 2019

Distribution: JHR Films

 

critique:

Un couple et leurs amis accueillent en leur pays de Caux un ami soudanais exilé, trois mineurs guinéen et malien isolés, l’été résonne alors des sons du groupe « les Liminanas » sous les ombres et lumières de l’été, de l’amitié, de l’amour dans le partage des tâches, des plaisirs et des questions sur la fragilité de leur futur.

Au creux des vagues de la Manche et à l’ombre des pommiers, l’harmonie n’est pas un mirage et Pierre Creton dans la lignée de « Maniquerville » ou « Va Toto » continue de créer un cinéma expérimental où l’écriture et l’improvisation liées aux langages et à la poésie se rejoignent dans l’espérance et la paix.

LITTLE JOE

Titre: LITTLE JOE

Sous-Titre: Thriller et frissons d’anticipation

Durée: 1h45’

Nationalités: Autriche/Allemagne/ Royaume Uni

Réalisatrice: Jessica Hausner

Casting: Emily Beecham, Ben Wishaw, Kerry Fox, David Wilmot, Leanne Best

Année de production: 2019

Distribution: BAC FILMS

Récompenses : Festival de Cannes 2019 : Prix d’interprétation féminine : Emily Beecham

critique:

Créée génétiquement pour répandre le bonheur mais dépourvue de toute pollinisation une plante se venge en répandant exagérément ses bienfaits, authentique fleur zombie frustrée dont les pollens transforment à son gré ses victimes renifleuses.

Empotées sous les lumières blafardes de leur laboratoire elles règnent dans un univers sophistiqué, traversé de silhouettes aux uniformes colorés, allant et venant en plans structurés, cadres géométriques répétitifs dont l’esthétisme accentue la fausse fragilité.

Un regard sur les manipulations industrielles triomphantes, une association entre croissance adolescente et incompréhension maternelle, un jugement sur la psychanalyse, ou un jeu sans enjeu autre qu’un improbable Prix d’interprétation attribué au spectre d’Emily Beecham ? 

RENDRE LA JUSTICE

Titre: RENDRE LA JUSTICE

Sous-Titre: Documentaire/ Regards sur la magistrature

Durée: 2h

Nationalité: France

Réalisateur: Robert Salis

Année de production: 2019

Distribution: Jour2fête

 

 

critique:

Comment la justice est-elle rendue en France, tous les rouages de cette institution nous sont exposés par leurs membres eux-mêmes ceux du « parquet » qui exposent les faits, requièrent au nom de la société « debout » et ceux du « siège » qui prononcent les jugements « assis ». Substituts, adjoints des procureurs et juges, tribunaux et Cours d’assises, d’appels, de cassation un vrai casse-tête pour ceux qui n’ont pas eu à requérir leur aide, entendre leurs réquisitoires, écouter leurs verdicts.

Pour alléger les sanctions, le réalisateur, à leur écoute conjointe sous la protection de sculptures éternelles nous fait parcourir les lieux, à l’ombre de leurs ors et leur splendeur, de salles en galeries, du Louvre et de la Sainte Chapelle jusqu’à Bordeaux, et du Tribunal Européen de Strasbourg à ceux de Bobigny et aujourd’hui des Batignolles, de l’apparat à la modernité. En contrepoint de l’esthétique des lieux, du cérémonial des costumes, de l’hermétisme du langage, c’est la passion qui surgit des paroles de ces justiciers que le documentariste met en valeur, leur désir d’écoute et leur volonté magnanime envers et contre tout malgré les restrictions budgétaires et lourdeurs administratives responsables de lenteurs et dysfonctionnements divers. Alors leurs mots se font l’écho de la compassion qu’ils portent, du pouvoir qu’ils partagent pour apaiser les victimes et réinsérer les coupables.

Un film en leur honneur et un pari où la peine dédoublée répond à la seule humanité.

PRENDRE SOIN

Titre: PRENDRE SOIN 

Sous-Titre: Documentaire/ Soignants & soignés

Durée: 1h20’

Nationalité: France

Réalisateur: Bertrand Hagenmüller

Année de production: 2019

Distribution: Zelig films

 

 

critique:

Quatre soignants de trois ultimes lieux de vie pratiquent par les seuls regard, écoute et toucher la communication avec des êtres ayant égaré le sens de la pensée, la perception normalisée de la réalité. Affrontant les corps diminués, les esprits en perdition chacun déploie une attention infinie pour apaiser les dérives de ces vieillards et leur offrir l’éventualité d’un plaisir passager.

Un hommage rendu à la pratique de ce métier, son éthique, sa vocation de sacerdoce d’humanité exercé ici dans des unités Alzheimer doublé d’un témoignage sur la société et ses responsabilités.

J’AIMERAIS QU’IL RESTE QUELQUE CHOSE

Titre: J’AIMERAIS QU’IL RESTE QUELQUE CHOSE

Sous-Titre: Documentaire/ Regards sur la mémoire de la Shoah

Durée: 1h19’

Nationalité: France

Réalisateur: Ludovic Cantais

Année de production: 2019

Distribution: VENDREDI DISTRIBUTION

 

 

critique:

Pour justifier de son sens le Mémorial de la Shoah de Paris a organisé avec une équipe de bénévoles une collecte des souvenirs des derniers survivants de la Shoah, ils ont partagé les souvenirs de leurs disparus, reçu leurs témoignages qu’à leur tour ils ressentent le besoin de transmettre pour que jamais l’oubli ne les efface.

Témoin et auditeur assis côte à côte, face caméra mêlent questions, évocations, décryptent photos et objets méticuleusement conservés créant une chaîne mémorielle humaine où les paroles prononcées, leur émotion visuelle sur les visages marqués par les années donnent leur force au temps pour pérenniser leur présence.

A montrer dans toutes les écoles, à diffuser sans relâche d’un pays à l’autre.

ROJO / dvd

Titre: ROJO 

Sous-titre: A acheter pour les frissons politiques argentins

Durée : 1h49’

Nationalités: Argentine/Brésil/France

Réalisateur: Benjamin Naishtat

Casting: Dario Grandinetti, Andrea Frigerio, Alfredo Castro, Laura Grandinetti

Année de production: 2018

Edition vidéo CONDOR Distribution sortie DVD & Blu-Ray le 7 novembre 2019

Bonus:

  • « El movimiento » second long-métrage du réalisateur. Inédit en France /66’

Récompenses 2018 :

Festival du Film de San Sebastian Coquille d’argent + Meilleur réalisateur + Meilleur acteur Dario Grandinetti + Meilleure photographie

FIFIB Bordeaux : Mention spéciale.

critique:

Les régimes politiques argentins sous toutes leurs formes, d’affrontements de factions diverses en dictatures militaires ont engendré un univers sans foi ni loi, régi par le seul exercice du pouvoir. C’est le tableau de cette société prête au pire en toute sérénité que nous dépeint le réalisateur en nous replongeant en 1975 au sein du milieu de notables provinciaux. Une provocation de hasard sert de déclencheur à un engrenage de silences coupables, de corruption révélatrice de pratiques hypocrites, de déliquescence générationnelle, de convictions religieuses excessives, toutes imperceptiblement causes du coup d’Etat en suspens.

L’esthétique de la reconstitution entre paysages désertiques de western et décors intérieurs aussi feutrés que fanés ajouté au décalage des scènes par l’humour et au rythme lancinant de la banalité des événements, décantent la dénonciation satirique d’une bourgeoisie portée par le jeu subtil des acteurs valorisant le pur propos politique du film. Un thriller analytique argentin d’époque que nos mémoires européennes pourraient aisément rapprocher de causes et conséquences aussi proches qu’universelles.

BLACK JOURNAL

Titre: BLACK JOURNAL 

Sous-Titre: Thriller mortifère

Durée: 1h55’

Nationalité: Italie 

Réalisateur: Mauro Bolognini

Casting: Shelley Winters, Max von Sydow, Laura Antonelli, Renato Pozzetto, Milena Vukotic, Mario Scaccia

Année de production: 1977

Distribution: Les Films du Camélia

 

critique:

Boursoufflée de frustration une bourgeoise rejoint son mari qu’elle paralyse de son seul regard et retrouve son fils qu’elle aimante de son amour dans la folie qui lui a fait supprimer une dizaine d’enfants puinés. Préparatrice de bouillons phosphorés elle enchante ses amies en les réduisant en biscuits savoureux et savons doucereux qui caressent leur virilité inversée et parfument leur causticité féminine.

Mauro Bolognini accompagne les délires de son ogresse avec un plaisir raffiné où l’obscurité des décors et les interdits de l’époque se confondent dans le détournement d’un authentique fait divers de maternité abusive.

Resté inédit en France, ce chef d’œuvre de noirceur est à découvrir.

LA BELLE EPOQUE

Titre: LA BELLE EPOQUE

Sous-Titre: Farces et attrapes intemporelles

Durée: 1h55’

Nationalité: France

Réalisateur: Nicolas Bedos

Casting: Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Dona Tillier, Fanny Ardant, Denis Podalydès

Année de production: 2019

Distribution: PATHE, Orange Studio

 

critique:

Grognon ce sexagénaire créateur de BD en panne d’inspiration jeté à la porte par son épouse mais entraîné par un ami de son fils dans une désopilante aventure redonnant vie aux souvenirs. Entre scènes de ménage de tous âges, satire ludique sur fond romantique, le fantastique se joue des dimensions en toute confusion des réalités pour entremêler les genres, les images aux mots d’auteur, l’écriture scénaristique à la théâtralité, la magie du cinéma à celle des illusions.

Dans ce tourbillon, le réalisateur fait virevolter sa bande d’acteurs d’une époque à l’autre au rythme de nos inconstances humaines, de son narcissisme flamboyant et d’un talent évident.

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